De Serge Mathurin Thébault


" Je suis dupe de vous-même, asphyxie et vertige, je suis celui qui n'existe pas, le vestige de votre enfance, je suis le souffleur du vide, l'orfèvre du rien, le ciseleur du néant : " Je suis le comédien ! "


La représentation, mimésis, comme y invite le terme, est toujours vécu comme un second temps... Montrer la copie avant le modèle, le modèle avant l'original, comme une mise en miroir, une mise en abîme singulière et troublante. C'est de cet espace investit, où les voix tues ressurgissent, que peut rejaillir l'émotion !

" Si écrire, c'est se placer dans ce que l'on appelle maintenant un immense "inter-texte", c'est à dire placer son propre langage, sa propre traduction du langage dans l'infini même du langage, "L'envers du Miroir' s'inscrit à coup sûr dans cet art virtuose de la citation qui ne saurait être nullement un acte de copie mais une manière de disparition dans la trappe harcelante des voix théâtrales, multipliée dans un fantastique écho par le comédien. quel but exaltant : disparaître dans le langage. C'est dans cet interstice nu et étroit que s'épanouissent le texte de Serge Mathurin Thébault et la parole irisée d' Yves Cauche. Où est le vrai ? Où est le faux ? Voilà la trace d'une ligne de fuite vers une origine incertaine, vers le modèle du modèle. Quel spectacle ? Voix tues, paroles projetées à l'infini, kaléidoscope ! " - Christian Lemarchand-Dennel

" Il y a des endroits qu'il faudrait presque abandonner à l'acteur. C'est lui à disposer de la scène écrite, à répéter certains mots, à revenir sur certaines idées, à en retrancher quelques unes et à en rajouter d'autres. Dans les cantabiles, les musiciens laissent à un grand chanteur un libre exercice de son goût et de son talent.. Le poète devrait en faire autant, quand il connaît bien son acteur." - Diderot